Le ministère de l'Agriculture a annoncé vendredi l'octroi de 40 millions d'euros destinés aux terres à faible potentiel de rendement, dites « zones intermédiaires ». Ce financement provient de reliquats de crédits européens initialement prévus pour les conversions à l'agriculture biologique. L'objectif affiché est de soutenir à la fois les exploitations conventionnelles situées dans ces zones et les fermes engagées en bio face à la hausse des charges.
Le dispositif vise à compenser la baisse des revenus liée à des rendements inférieurs et à la pression sur les coûts de production. Le ministère précise que l'enveloppe viendra en complément des aides existantes et pourra cibler des dépenses opérationnelles ou des mesures agro-environnementales. Les beneficiaries devront néanmoins respecter des critères d'éligibilité qui seront précisés par les autorités régionales.
Modalités et calendrier
Les préfets de région définiront « dans les tout prochains jours » les modalités d'allocation, compte tenu de la fin de la campagne de télédéclaration de la PAC fixée au 18 mai 2026. Les choix d'affectation tiendront compte des besoins remontés sur les MAEC et des priorités régionales, afin de concentrer les aides là où elles sont les plus efficaces. Le ministère confirme que les zones intermédiaires ciblées seront au cœur de la distribution pour limiter les risques d'exclusion territoriale.
Ce montant intervient dans un contexte de forte pression sur les coûts de production, avec des intrants et de l'énergie plus chers depuis plusieurs trimestres et des cours mondiaux qui ne compensent pas systématiquement ces hausses. La situation pèse particulièrement sur les exploitations dont les rendements sont structurellement faibles et sur les systèmes de production en conversion. Le dispositif prendra en compte les mesures locales de captage et les obligations environnementales, soulignant que MAEC prises en compte feront partie des critères d'affectation.
Le secteur biologique, qui n'utilise pas d'engrais ni de produits de synthèse, reste très présent dans les discussions sur l'emploi des reliquats européens et sur l'équilibre entre aides à la conversion et aides au maintien. Des organisations professionnelles appellent à flécher davantage de moyens vers le maintien des fermes déjà certifiées et vers l'accompagnement technique pour sécuriser les systèmes agricoles. Les régions, qui pilotent de nombreuses MAEC, seront sollicitées pour harmoniser priorités environnementales et aides économiques.
Les prochaines étapes consistent à publier les critères régionaux d'éligibilité et les calendriers d'instruction afin que les exploitants puissent monter leurs dossiers avant l'été. Le ministère assure un suivi coordonné avec les services de l'État et les collectivités pour une mise en œuvre rapide, tout en indiquant que l'affectation précise dépendra des déclarations PAC et des priorités territoriales définies par les préfets.
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