Selon Philippe Marquet, président de Biolait, le groupe a décidé d'intervenir immédiatement après la liquidation judiciaire annoncée le 6 mai 2026 afin d'assurer la continuité d'approvisionnement et de protéger les producteurs locaux. Biolait reprend la collecte auprès de 21 producteurs mayennais liés à la fromagerie d'Entrammes et garantit le maintien des débouchés à court terme. Le groupe souligne l'importance d'une reprise rapide pour éviter la dispersion des volumes et des pertes de valeur pour les éleveurs bio.
Motifs de l'intervention
Biolait, qui collecte en France 226 millions de litres, dit avoir analysé sa cartographie de producteurs et estimé qu'il pouvait intégrer les fermes d'Entrammes sans rupture logistique. Le président explique que l'opération permet aussi de réaliser des gains de coûts sur la collecte locale, rendant la reprise économiquement viable. L'entreprise collecte déjà le lait dans une quarantaine de fermes biologiques du département, ce qui facilite l'intégration opérationnelle.
Garanties et médiation
La reprise a été préparée via une médiation pilotée par la préfecture et des tables rondes réunissant acteurs coopératifs et industriels, selon Biolait. Plusieurs opérateurs ont apporté des garanties d'écoulement pour absorber les volumes produits, ce qui a réduit le risque commercial de l'opération. Ces engagements ont été déterminants pour que Biolait se porte volontaire pour reprendre immédiatement la collecte et limiter la période d'incertitude des producteurs.
Les garanties d'écoulement mentionnées par Biolait proviennent de coopératives et d'entreprises laitières nationales et régionales, qui se sont engagées à reprendre ou transformer le lait produit par les éleveurs d'Entrammes. Philippe Marquet précise que Sodiaal, Agrial, Bel, Lactalis, Savencia, la laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel, Olga et la fromagerie Vaubernier figurent parmi les acteurs ayant fourni des assurances d'achat. Ces engagements permettent d'éviter une dilution de la reprise sur une période prolongée et de sécuriser la trésorerie des exploitations.
Le président insiste sur la maîtrise du risque : la combinaison des volumes, des proximités logistiques et des garanties commerciales rend la reprise « mesurée » et soutenable pour Biolait. L'entreprise indique qu'elle vise à stabiliser la situation avant l'automne 2026 et à assurer des paiements réguliers aux éleveurs pendant la période de transition. Cette intervention évite une rupture brutale pour des exploitations bio déjà fragilisées par la conjoncture.
Le dossier met aussi en lumière des enjeux de long terme dans le département, notamment la transmission des fermes : en Mayenne, la reprise des élevages est limitée et les départs à la retraite ne sont pas toujours compensés par des repreneurs. Biolait considère cette opération comme un moyen de préserver des filières locales et d'éviter la disparition d'exploitations bio, tout en recherchant des solutions durables pour améliorer les débouchés et la valeur du lait bio dans la région.
Photo - www.ouest-france.fr