La Fédération nationale bovine (FNB) a demandé le 13 mai la suspension immédiate des importations de viande brésilienne après la publication, le 12 mai, d'une liste provisoire de pays tiers par la Commission européenne. Brésil absent de la liste : ce retrait provisoire est interprété par la FNB comme une confirmation des manquements aux normes sanitaires sur l'utilisation d'antibiotiques et d'hormones dans certains élevages. Les éleveurs français estiment que la situation met en péril la concurrence loyale et la confiance des consommateurs dans la viande bovine sur le marché national et européen. La FNB a demandé des mesures rapides pour protéger les exploitations françaises.
Pour la fédération, le dossier n'est pas nouveau et s'ajoute à des révélations antérieures selon lesquelles des lots importés pourraient avoir été traités avec des substances interdites dans l'UE. La Commission a reconnu en début d'année des cas d'importation de viande traitée à l'oestradiol 17β, déclenchant la colère des syndicats agricoles. import d'oestradiol reconnu revient comme argument central des éleveurs pour dénoncer un « défaut de contrôle » côté brésilien et une « tolérance » côté européen, selon Patrick Bénézit, président de la FNB.
Bruxelles a toutefois choisi une approche graduée : la liste publiée le 12 mai est provisoire et doit être finalisée en septembre, après échanges entre États membres et contrôles complémentaires. liste finale en septembre indique que, pour l'instant, les flux commerciaux ne sont pas bloqués automatiquement et que des procédures d'évaluation restent en cours. Cette temporisation est perçue comme insuffisante par la FNB qui dénonce un risque de concurrence déloyale et d'atteinte à la sécurité sanitaire.
La FNB réclame trois mesures immédiates et claires pour faire face à la situation, en demandant à l'État et à l'Union européenne d'intervenir sans délai :
Suspension immédiate des importations de viandes bovines en provenance du Brésil, jusqu'à vérification complète des systèmes de contrôle sanitaires ;
retrait de l'application provisoire de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, tant que des garanties sanitaires et de traçabilité ne sont pas fournies ;
renégociation ou annulation définitive de l'accord si le respect des normes européennes ne peut être assuré de façon vérifiable.
Les représentants des éleveurs expliquent que ces demandes visent à préserver les exploitations françaises soumises à des règles strictes sur les traitements vétérinaires, le bien-être animal et la traçabilité. Du côté des transformateurs et des importateurs, on évoque le risque de perturbations d'approvisionnement et d'augmentation des prix à court terme si les importations étaient brutalement interrompues, ce qui complique la prise de décision politique. Plusieurs députés et acteurs de la filière appellent la Commission et le ministre de l'Agriculture à exiger des contrôles systématiques et des certificats de conformité renforcés pour les lots importés.
Sur le plan institutionnel, la bataille va désormais se jouer entre États membres autour des critères de réintégration éventuelle du Brésil sur la liste définitive et des conditions imposées par l'UE pour garantir la sécurité alimentaire. La FNB a annoncé qu'elle maintiendrait la pression politique et médiatique tant que des garanties tangibles n'auront pas été apportées, et que les éleveurs attendent des contrôles accrus et une traçabilité renforcée pour protéger le marché européen et la santé publique.
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