Le député Olivier Becht a rencontré ce printemps 2026 des représentants de la Chambre d’agriculture de la Corrèze et des organisations professionnelles pour un tour d’horizon des enjeux locaux. Accueilli par Daniel Couderc, président de la Chambre, il a échangé avec le sous-préfet d’Ussel, des responsables de la DDT, Emmanuel Lissajoux (FDSEA), Rémy Bourdoux (Jeunes Agriculteurs) et des élus locaux, dont Daniel Mazière. Les interventions ont souligné 4% de la population active travaillant en agriculture dans le département et la place centrale de l’élevage bovin viande dans l’économie locale. Les discussions ont porté sur les tensions actuelles entre production, normes et viabilité économique des exploitations dans le contexte 2026.
Une agriculture fragile
La Corrèze reste principalement orientée vers les bovins viande, mais la profession fait face à une baisse continue du nombre d’exploitations, au vieillissement des chefs d’exploitation et à des difficultés de transmission. Les revenus jugés insuffisants et la perte de motivation chez certains jeunes constituent des facteurs de fragilité pour le tissu rural et les services locaux. Les responsables ont mis en avant la diversité des territoires et des systèmes de production comme atouts, tout en soulignant la nécessité d’actions ciblées pour préserver l’activité et les paysages agricoles. Les échanges ont aussi abordé l’impact des blocages administratifs et des recours juridiques sur la réalisation de projets structurants.
Un Plan de Mutation
La Chambre d’agriculture a présenté son ambitieuse feuille de route, le Plan de Mutation, visant à accompagner les transformations économiques, climatiques et sociales du secteur en 2026 et au-delà. Objectifs affichés : renforcer la compétitivité des exploitations, soutenir les projets de diversification et de transmission, mieux gérer le foncier et l’urbanisme, et maintenir des services de proximité pour dynamiser la ruralité. Six actions structurantes doivent apporter davantage de proximité et de réactivité au service des exploitants, avec des dispositifs d’accompagnement technique et financier coordonnés localement. Marie-France Forest, vice-présidente de la Chambre, a insisté sur l’adaptation des politiques aux réalités de terrain pour redonner des perspectives aux jeunes agriculteurs.
Des dossiers concrets ont été portés au député, parmi lesquels la prédation par le loup, les distorsions de concurrence liées aux accords commerciaux et la multiplication des normes nationales. Emmanuel Lissajoux a rappelé la demande d’un cadre permettant aux éleveurs « de vivre de leur métier et de produire dans des conditions cohérentes », insistant sur la nécessité d’éviter l’entrée de produits concurrents ne respectant pas les mêmes standards. Les représentants ont demandé l’adoption rapide de mesures législatives et réglementaires, notamment la Loi d'urgence agricole réclamée pour simplifier et sécuriser les projets.
Très attentif, Olivier Becht a reconnu les difficultés et a soutenu plusieurs constats professionnels : limiter l’empilement de normes, lutter contre les concurrences déloyales et mieux articuler intervention de l’État et actions locales. Sur la question de la prédation, il a affirmé qu’en zones d’élevage « le loup n’a pas sa place », appelant à des réponses adaptées au terrain. Les prochaines étapes visent à traduire le Plan de Mutation en actions concrètes avec les services de l’État et les organisations agricoles pour la saison 2026 et les projets de transmission en cours.
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