Xavier Horgassan : Les vautours sont-ils des prédateurs ?
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Xavier Horgassan : Les vautours sont-ils des prédateurs ?

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Xavier Horgassan : Les vautours sont-ils des prédateurs ?

Источник: AGRONEWS Все новости источника

Selon Xavier Horgassan, chef de l'OFB du 64, l'idée que les vautours se comportent comme des prédateurs est largement exagérée et souvent liée à l'émotion suscitée par des cas spectaculaires. En 2026, les observations et expertises réunies par la Dreal et l'OFB montrent que les vautours conservent un comportement de charognards plutôt que de chasseurs. 1 500 couples est l'estimation actuelle de couples de vautours fauves recensés dans les Pyrénées françaises, ce qui explique des regroupements massifs quand une source de nourriture est détectée. Les éleveurs doivent toutefois prendre en compte l'ampleur des vols et l'impact local sur leurs troupeaux pour adapter leurs gestes quotidiens et leur signalement des incidents.

De nombreuses expertises vétérinaires et enregistrements vidéo financés par la Dreal contredisent l'impression d'une mutation du comportement. Les analyses montrent que les vautours se rassemblent sur des animaux déjà affaiblis ou morts plutôt que d'attaquer des bêtes en pleine santé. Les situations observées comme « attaques » résultent souvent de curées compétitives entre rapaces qui peuvent paraître violentes mais ne constituent pas une prédation ciblée. Ces travaux expliquent aussi pourquoi l'émotion collective est forte : la curée donne un spectacle sonore et visuel impressionnant qui renforce la perception d'agression.

La période de mises bas au printemps agrandit le nombre de cas où des animaux vulnérables sont visibles et signalés, et les relevés vétérinaires indiquent que dans la majorité des interventions l'animal présente déjà des signes de faiblesse. Dans 84% des cas ante mortem, il s'agit d'animaux gestants, d'un nouveau-né affaibli, ou d'un individu coincé ou blessé et immobile, ce qui attire rapidement des individus en vol. Les vautours sont aussi attirés par le placenta et les tissus liés à la mise bas, ce qui explique des poursuites observées près des vêlages. Les éleveurs sont donc confrontés à un risque accru d'observation mais pas à une nouvelle forme de prédation.

La densité croissante des populations de vautours et leur capacité d'observation longue distance expliquent l'arrivée simultanée de dizaines à plusieurs centaines d'oiseaux sur un même point. Les oiseaux peuvent repérer un élément de la taille d'une trentaine de centimètres à plusieurs kilomètres et mobiliser de grands groupes. Quand un grand nombre arrive, tous ne peuvent pas se nourrir et des luttes internes s'engagent, amplifiant l'impression d'agressivité envers les animaux domestiques. Ce phénomène relève de la compétition alimentaire et non d'une stratégie de chasse organisée contre les troupeaux.

Signaler la présence

Pour tout signalement en zone de Parc national, contacter le numéro indiqué par l'OFB ; ailleurs, joindre les services départementaux de l'OFB et les vétérinaires. En cas d'incident, il est important de ne pas déplacer le cadavre et de le protéger avec une bâche calée par des pierres pour empêcher la curée immédiate et préserver la possibilité d'un constat vétérinaire ; pour la zone de Parc national appelez le 05 62 54 16 79 et hors parc le standard de l'OFB départemental. La prise de photos et l'alerte rapide permettent aux services de qualifier la situation et d'apporter des mesures adaptées.

Sur le plan pratique, l'OFB et les services vétérinaires recommandent une vigilance renforcée lors des mises bas : surveillance accrue, assistance si nécessaire, isolement des animaux malades et appel au vétérinaire dès l'apparition de signes de faiblesse. Des protections locales des nouveaux-nés (abris, surveillance humaine) et une intervention rapide sur tout animal coincé limitent les situations qui attirent massivement les vautours. Les actions doivent privilégier la protection des troupeaux et la préservation d'une espèce protégée.

La cohabitation reste encadrée par le statut d'espèce protégée des vautours et par le suivi scientifique mené en 2026 par l'OFB et la Dreal pour mieux appréhender les zones de conflit et les réponses opérationnelles. Les éleveurs sont encouragés à signaler chaque incident pour alimenter le suivi et faciliter des mesures adaptées au terrain.

Photo - www.sudouest.fr

Темы: Bovins, Bien-être animal, Écologie & Environnement

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