La saison 2026 de l'asperge dans le Maine-et-Loire a été particulièrement productive, au point de mettre en tension les capacités commerciales de certains producteurs. Des conditions météo favorables et des sols bien exposés ont permis des récoltes abondantes dès le début du printemps, plaçant le département comme Deuxième producteur français derrière les Landes. Verte, blanche ou pourpre, l'asperge a occupé les étals depuis plusieurs semaines et attiré l'attention des consommateurs régionaux.
Production exceptionnelle
Chez plusieurs exploitants, la précocité des variétés et l'avancée des cycles ont conduit à un chevauchement inhabituel entre asperges précoces et tardives. Frédéric Poupard, producteur en bio à Longué-Jumelles près de Saumur, explique que ses asperges précoces ont tenu plus longtemps que prévu tandis que les tardives sont arrivées plus tôt, générant un surstock ponctuel. Il précise avoir atteint 6–7 tonnes en stock à la mi-avril sur la période de chevauchement, contre environ 4 tonnes habituellement, ce qui a créé des difficultés d'écoulement.
Les volumes collectés et commercialisés confirment l'abondance sur la campagne 2026, notamment en circuit bio. Sur son exploitation, M. Poupard affirme avoir vendu 350 tonnes vendues cette année, réparties en 200 tonnes d'asperges blanches et 150 tonnes d'asperges vertes, toutes certifiées biologiques. Cette performance traduit à la fois la capacité de production du terroir angevin et l'importance des circuits de vente habituels — marchés, grossistes et vente directe — pour absorber la production saisonnière.
Marché et débouchés
Toutefois, la consommation n'a pas augmenté en proportion de la production après la mi-avril, ce qui a entraîné une saturation ponctuelle des débouchés. "Jusqu'au 15 avril, c'était fluide. Après, la production a continué d'augmenter, mais pas la consommation. On était au maximum de notre capacité commerciale", confie le producteur. Les étals locaux et les circuits traditionnels ont peiné à évacuer l'offre supplémentaire sans ajustements tarifaires ou promotions ciblées.
Face à ces contraintes, les producteurs bio de l'Anjou étudient des adaptations pour la suite de la campagne 2026, qui se déroule traditionnellement jusqu'à la mi-juin pour les variétés tardives. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement des ventes directes, la modulation des rythmes de récolte et une meilleure coordination entre producteurs pour lisser l'offre sur les marchés. Les prochaines semaines, pendant la période tardive qui s'étend jusqu'au 15-20 juin, seront déterminantes pour l'écoulement des volumes et la valorisation des produits.
Photo - www.ouest-france.fr