Le 11e baromètre Ifop commandé par la fondation MMA des entrepreneurs du futur, publié le 4 mai 2026, montre que la santé mentale des patrons agricoles reste plus fragile que celle des autres dirigeants de TPE-PME. L'enquête, réalisée par téléphone auprès de 1 000 dirigeants dont environ 5 % d'agriculteurs et agricultrices, souligne des écarts nets sur plusieurs indicateurs de bien‑être psychologique. 1 dirigeant sur 3 du secteur agricole s'estime en mauvaise santé psychologique, contre un sur quatre toutes activités confondues, selon les auteurs du baromètre qui se concentrent cette année sur causes et impacts des troubles psychologiques. Le rapport est publié par la fondation MMA le 4 mai 2026 et reprend les principales plaintes exprimées par les chefs d'exploitation.
Résultats clés du baromètre
Dans l'agriculture, 82 % des dirigeants interrogés se déclarent en bonne santé physique, un résultat inférieur à la moyenne nationale de l'échantillon. Sur la santé mentale, 67 % des agriculteurs se disent en bon état psychologique contre 76 % pour l'ensemble des secteurs, un écart qui alerte les auteurs de l'étude. Les troubles déclarés restent élevés dans la sphère agricole avec des manifestations fréquentes telles que l'anxiété, les troubles du sommeil et les tensions musculaires.
Sources de mal-être au quotidien
Les répondants agricoles pointent en priorité l'incertitude économique, la charge administrative et réglementaire, ainsi que la surcharge de travail et un climat jugé anxiogène. Concrètement, 86 % citent l'incertitude économique, 82 % la charge administrative, 75 % la surcharge de travail et 63 % le climat anxiogène comme difficultés rencontrées au quotidien. Parmi les troubles ressentis, 57 % déclarent éprouver des troubles anxieux, 61 % des tensions musculaires, 55 % des troubles du sommeil et 45 % des tensions relationnelles, des chiffres qui dépassent la moyenne observée pour les dirigeants toutes activités confondues.
L'étude met aussi en lumière deux facteurs spécifiques de détérioration du bien‑être chez les chefs d'exploitation : la santé de l'entreprise et l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, cités respectivement par 53 % et 59 % des agriculteurs sondés comme éléments dégradés. Ces difficultés opérationnelles et structurelles pèsent sur la capacité des dirigeants à gérer le stress et à solliciter un accompagnement adapté. Les auteurs notent par ailleurs un possible frein culturel à la demande d'aide au sein de la profession.
Peu de dirigeants souhaitent ou bénéficient d'un accompagnement formalisé : seulement 28 % sont accompagnés ou souhaitent l'être, signe que la majorité reste seule face à ces fragilités psychologiques. 28 % accompagnés illustre la faible pénétration des dispositifs d'aide malgré la disponibilité de ressources institutionnelles et associatives. L'Ifop conclut en appelant à mieux comprendre les freins à l'accès au soutien et à renforcer les actions de repérage et d'accompagnement ciblées pour les exploitants agricoles, sans pour autant modifier les modalités opérationnelles actuelles.
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