L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le 24 avril 2026 qu'« on estime avec un degré de confiance élevé qu’un épisode El Niño va débuter », avec des signaux laissant présager un retour probable dès la période de mai–juillet 2026. Les sorties des modèles climatologiques montrent une forte concordance et indiquent que cet épisode influencera la répartition des températures et des précipitations à l'échelle planétaire. Pour la France, l'alerte de l'OMM appelle à anticiper des effets directs et indirects sur les cultures, l'eau et la protection des plantes durant la campagne 2026-2027. Le message central pour les acteurs agricoles est clair : augmenter la vigilance sur la gestion de l'eau et les stades sensibles des cultures.
Selon le bulletin, les prévisions pour les prochains mois affichent des températures supérieures partout sur les terres émergées, avec un signal particulièrement marqué en Europe et en Afrique du Nord. En pratique, cela se traduira pour la France par un risque accru de vagues de chaleur lors des périodes critiques (semis, floraison, remplissage), une évapotranspiration plus élevée et donc des besoins d'irrigation majorés dans les zones déjà en stress hydrique. Les prairies et fourrages peuvent voir leurs rendements baisser précocement, tandis que la qualité des céréales peut être affectée par des épisodes de chaleur et de sécheresse au moment de la maturation.
Les risques sanitaires et phytosanitaires évoluent également avec un épisode El Niño : les auxiliaires et ravageurs peuvent voir leurs cycles altérés et certaines maladies fongiques se multiplier après des épisodes de chaleur suivis d'orages localisés. Pour les filières sensibles comme la vigne, les arbres fruitiers et le maraîchage, la surveillance des stades phénologiques et des seuils de stress hydrique devient prioritaire. Les éleveurs doivent, quant à eux, anticiper une possible baisse de la disponibilité en fourrage dans les zones affectées et planifier des achats ou des solutions de stockage.
En termes d'adaptation opérationnelle, les recommandations pour les exploitations françaises incluent une optimisation de l'irrigation (programmation, capteurs de sol), le choix de variétés plus adaptées à la chaleur et à la sécheresse, la modulation des dates de semis si les conditions locales le permettent et le renforcement de la veille phytosanitaire. Les collectivités et bassins-versants devront activer les mesures de gestion d'urgence de l'eau, prioriser les usages et accélérer les projets d'efficience hydrique. Sur le plan économique, les professionnels sont invités à vérifier leurs couvertures d'assurance récolte et à anticiper des besoins de trésorerie liés à des coûts d'irrigation ou d'achat de fourrage.
L'OMM précise que l'intensité exacte de l'épisode 2026-2027 reste incertaine et que le niveau de confiance des prévisions devrait s'améliorer au fil des prochaines semaines. L'agence publiera son bulletin Info-Niño/Niña à la fin mai 2026, qui fournira des orientations pour la période de juin à août et au-delà ; d'ici là, il est conseillé aux agriculteurs et aux conseillers techniques de suivre les bulletins de l'OMM et de Météo‑France, ainsi que les recommandations des chambres d'agriculture régionales pour ajuster plans de gestion de l'eau et stratégies culturales.
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