Le complexe oléagineux a affiché une orientation haussière la semaine du 27 avril au 1er mai 2026 sur les places physiques et à terme, portées par la poussée du pétrole et des anticipations de demande sur le soja. Sur Euronext, le colza a gagné 17,75 €/t pour l'échéance août, atteignant 526,75 €/t colza et la cotation FOB Moselle juillet-septembre s'est établie à 521 €/t, confirmant la fermeté des prix en France. Les opérateurs soulignent la corrélation forte entre la géopolitique énergétique et les cours oléagineux cette semaine.
Tensions géopolitiques
La montée des cours du colza suit la trajectoire du pétrole alors que le conflit au Moyen-Orient s'enlise et que le détroit d'Ormuz reste bloqué, perturbant les approvisionnements et augmentant les primes de risque. Les acheteurs européens répercutent déjà ces hausses sur les prix physiques, ce qui pèse sur les marges de la meunerie et de l'aval énergétique. Cette situation crée une prime de disponibilité sur la Moselle et les places de référence françaises.
Le marché du tournesol oléique est, lui, quasiment à l'arrêt sur le physique avec une cotation stabilisée à 530 €/t en rendu Saint-Nazaire pour la période octobre-décembre, soit 530 €/t tournesol, et peu d'affaires concrètes enregistrées. La hausse du coût des engrais et des carburants, liée au contexte international, incite certains opérateurs à anticiper un déplacement potentiel des surfaces vers des cultures moins consommatrices d'intrants. Toutefois, le manque d'activité commerciale rend difficile toute tendance ferme à court terme pour le tournesol en France.
À Chicago, le soja sur le CBOT a progressé de 10,50 cts$/boisseau sur la semaine pour atteindre 1 187,75 cts$/boisseau sur l'échéance mai, portée par des signaux d'achats potentiels de la Chine et par le soutien du marché pétrolier ; 1 187,75 cts$/boisseau soja résume la fermeté observée. Les opérateurs attendent la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, prévue les 14 et 15 mai à Pékin, en espérant un nouvel accord chinois d'importations de soja états-unien qui pourrait relancer les flux commerciaux internationaux.
Sur les marchés des protéagineux en France, le pois en départ Marne est de nouveau coté à 220 €/t et en rendu Pontivy/Guingamp les prix du pois se sont stabilisés pendant que la féverole gagne 5 €/t, signe d'une offre réduite face à une demande encore sélective. Il y a très peu d'affaires réalisées en pois cette semaine, les acheteurs jugeant les prix trop élevés et limitant leurs achats au strict nécessaire.
Pour les producteurs français, la semaine renforce l'importance de la gestion des stocks et de la couverture des prix face à une volatilité liée autant aux évolutions géopolitiques qu'aux discussions commerciales internationales. Les prochains rendez-vous — suivis des échanges en mai et de la situation dans le détroit d'Ormuz — resteront des éléments déterminants pour l'orientation des prix des oléagineux et des protéagineux sur les marchés hexagonaux et européens.
Photo - www.reussir.fr