Les fraises locales sont déjà visibles sur les étals des marchés du Loir-et-Cher, portées par un printemps particulièrement doux et des températures supérieures aux normales saisonnières. Dans plusieurs parcelles, la végétation a notablement accéléré son cycle et les plants devancent leur calendrier habituel de récolte, affichant 15 jours d'avance. Cette précocité est perçue comme un premier signe de la saison estivale à venir pour les producteurs et consommateurs locaux.
Au Verger de la Croix, à Pierrefitte-sur-Sauldre, Camille cultive ses rangs de fraisiers sur environ 2 500 m² de plants en plein champ et sous abris légers. Les rangées sont couvertes de fleurs blanches et de premiers fruits presque mûrs, tandis que certaines productions sous serre ont déjà entamé la commercialisation. Le statut mixte champ/serre permet d'étaler les disponibilités mais expose aussi à des risques climatiques contradictoires.
« C'est la première fois qu'elles démarrent aussi tôt depuis que je suis là, elles ont commencé à fleurir avec quinze jours d'avance », explique la productrice en soulignant la surprise de cette campagne. Elle confirme toutefois avoir observé des dégâts de gelées sur quelques fleurs lors de nuits fraîches en mars et indique avoir limité les pertes grâce à des protections ponctuelles et des interventions rapides. La maîtrise des risques de gel reste au centre des préoccupations pour ces futures récoltes précoces.
Le constat se généralise en Sologne et dans le Loir-et-Cher : certaines exploitations sous serre sont déjà en cueillette depuis deux à trois semaines, tandis que d'autres champs sont en avance sur le calendrier habituel. Les professionnels notent une production satisfaisante, mais rappellent que l'exposition précoce peut nuire au goût si la période chaude et ensoleillée nécessaire à la maturation manque. La qualité organoleptique demeure un facteur clé pour l'acceptation des fruits précoces par le marché.
La demande locale est déjà active : Camille reçoit de nombreux appels de clients prêts à venir cueillir et pratique la libre-cueillette sur son exploitation, offrant des fruits à un tarif attractif. Pour la campagne 2026 elle propose une ouverture anticipée dès début mai et mise sur fruits moitié prix pour encourager la vente directe et les circuits courts. Cette stratégie aide à fluidifier les ventes précoces et à fidéliser une clientèle locale sensible au prix et à la qualité.
L'avance de saison impose aux producteurs d'ajuster leurs pratiques : surveillance renforcée des températures nocturnes, recours à des protections antigel mobiles, et extension des abris de protection quand c'est possible. Sur le plan commercial, un afflux précoce de fraises peut modifier temporairement l'offre et impacter les prix, d'où l'intérêt pour les exploitations de diversifier les circuits de vente et d'investir dans des solutions de protection. Les décisions d'investissement se concentrent cette année sur des moyens concrets de réduire la vulnérabilité aux gelées et d'assurer la tenue de la qualité des fruits.
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