Le gouvernement a refusé de débloquer une enveloppe d’urgence pour les agriculteurs du Lot‑et‑Garonne victimes de la tempête Nils et des inondations de février 2026, provoquant l’indignation des élus locaux et des chambres consulaires. Selon un courrier de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, le contexte budgétaire « contraint » ne permet pas d’ouvrir un fonds exceptionnel destiné aux sinistrés agricoles dans le département. Sur le terrain, plus de dix jours de vigilance rouge et des dégâts encore visibles alimentent les demandes d’un soutien financier immédiat pour la reconstruction d’installations et la compensation des pertes de récoltes et de cheptel. 180 millions d'euros est le chiffrage des pertes déclaré par des responsables locaux, qui plaident pour une solidarité d’État complémentaire aux dispositifs existants.
Les représentants agricoles ont multiplié les démarches auprès du préfet et des parlementaires pour obtenir une aide ciblée. Karine Duc, présidente de la Chambre d’agriculture du Lot‑et‑Garonne, et José Pérez, président de la chambre régionale, ont rencontré les autorités et relancé les députés et sénateurs du département pour obtenir une enveloppe exceptionnelle. Plusieurs parlementaires, dont Hélène Laporte, Christine Bonfanti‑Dossat, Guillaume Lepers et Michel Masset, ont signé des courriers ou demandé des auditions pour rappeler l’urgence des besoins et chiffrer les pertes subies par les exploitations. Les acteurs locaux estiment que l’indemnité nationale proposée ne couvrira qu’une partie des dommages constatés.
Les élus ont vivement critiqué la réponse ministérielle, dénonçant un manque de volonté politique pour apporter des solutions spécifiques aux victimes des intempéries. « La ministre n’a ni l’ambition d’apporter des solutions structurelles, ni la volonté d’épauler les agriculteurs face à des événements météo exceptionnels », écrivent les responsables départementaux, accusant la décision de laisser 154 millions d’euros de pertes à la charge des exploitants après compensations prévues. Ils qualifient la réponse de « méprisante » et demandent la mise en place d’un dispositif transitoire pour financer les réparations de serres, bâtiments et équipements agricoles.
De son côté, la ministre rappelle que des moyens humains et financiers ont déjà été mobilisés pour répondre à la crise et met en avant des mesures nationales jugées pertinentes par l’exécutif. Elle souligne le déploiement d’équipes de la Sécurité civile — pompiers et militaires — pour aider à la reconstruction et cite des mesures annoncées en réponse à la crise de l’énergie, dont une prise en charge de 20 millions d'euros des cotisations sociales par la MSA et le prêt flash carburant garanti par l’État. La ministre considère que ces actions témoignent d’un « effort budgétaire consenti » et d’une réponse structurée aux difficultés du secteur.
Les députés locaux, notamment Hélène Laporte, contestent l’argument en rappelant que les mesures énergétiques s’appliquent à l’ensemble des agriculteurs français et ne ciblent pas spécifiquement les sinistrés lot‑et‑garonnais. Ils demandent des outils supplémentaires — avances remboursables, fonds de solidarité départemental ou accélération des indemnisations assurantielles — pour éviter des faillites d’exploitation et permettre la remise en état rapide des infrastructures agricoles. Les représentants locaux annoncent la poursuite des démarches administratives et la préparation de propositions chiffrées pour les prochains comités de suivi et rendez‑vous ministériels.
À court terme, les exploitants attendent des décisions rapides sur l’accès aux prêts de trésorerie garantis, les exonérations temporaires de charges et l’assistance technique pour la remise en état des cultures protégées et des systèmes d’irrigation endommagés. Les acteurs locaux réclament une visibilité budgétaire et un calendrier clair pour l’intervention des différents dispositifs afin de limiter l’impact économique et social des pertes sur les exploitations concernées.
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