Malgré les mesures annoncées par l'exécutif, le frelon asiatique continue de s'étendre sur le territoire français au printemps 2026, porté par des conditions climatiques plus clémentes et une activité de nidification précoce. Plan présenté fin avril : le gouvernement a détaillé fin avril un dispositif national axé sur la surveillance, la formation des acteurs locaux et la coordination des interventions pour réduire l'impact sur les pollinisateurs. Les autorités insistent sur la nécessité d'une réponse coordonnée entre préfets, collectivités, apiculteurs et services sanitaires.
Julie, apicultrice amateur à Champagne-sur-Seine, décrit l'arrivée d'un nid sous ses tuiles et l'afflux d'insectes autour de ses ruches; elle observe des allers-retours fréquents des frelons autour des emplacements de vol, jusqu'à dix à quinze sorties de chasse par individu actif. Les apiculteurs et les habitants signalent une présence accrue dès les premiers jours chauds du printemps, entraînant une pression de prédation visible sur les entrées des ruches et une nervosité accrue des colonies. Les interventions professionnelles pour la destruction des nids se multiplient dans les zones périurbaines.
Le frelon asiatique vit en colonies annuelles dirigées par une reine qui fonde une colonie au printemps ; seules les femelles fondatrices fécondées assurent la dispersion de l'espèce à la saison suivante, ce qui rend la période printanière cruciale pour limiter l'installation de nouveaux nids. Piégeage recommandé au printemps : les services recommandent de prioriser le piégeage ciblé des fondatrices au début de la saison pour empêcher la formation des colonies et réduire la population active en fin d'été. Les dispositifs conseillés ciblent les femelles et évitent au maximum les captures d'abeilles et d'autres auxiliaires.
Les conséquences pour l'apiculture et la pollinisation des cultures sont jugées préoccupantes par les professionnels : les frelons augmentent le stress des ruches et compliquent la conduite sanitaire des élevages d'abeilles, avec des effets indirects sur la pollinisation des vergers et maraîchage local. Les acteurs du secteur demandent un renforcement des dispositifs d'aide technique et logistique pour les exploitations exposées, notamment des campagnes d'information, des formations à la surveillance et la mise à disposition d'équipes de destruction certifiées.
Parmi les mesures du plan national figurent la cartographie des nids, la création de cellules locales de surveillance, le soutien aux interventions de destruction conformes aux règles de sécurité et la sensibilisation des citoyens via une plateforme de signalement. Les collectivités sont invitées à financer des opérations de retrait des nids dans les espaces publics et à coordonner l'enlèvement dans le respect des consignes sanitaires. Menace pour les abeilles reste le message central relayé par le ministère et les fédérations d'apiculteurs.
Pour les exploitants et apiculteurs, les recommandations pratiques consistent à renforcer la surveillance dès le début du printemps, placer des pièges sélectifs dès la période de sortie des fondatrices, protéger physiquement les entrées de ruche si nécessaire et faire appel à des professionnels pour l'élimination des nids situés dans des zones habitées. La lutte repose sur la combinaison d'actions locales et d'une coordination nationale pour limiter l'expansion et préserver les services de pollinisation indispensables à la production agricole française.
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