Sur l'exploitation Dersoir à La Selle-Craonnaise (53), l'élevage laitier met l'accent sur la productivité durable et le bien-être animal pour maintenir ses performances en 2026. La ferme produit aujourd'hui 820 000 L de lait avec un cheptel de 85 vaches sur 90 ha de SAU, avec une moyenne d'étable voisine de 9 250 L; Olivier Dersoir insiste sur le fait que la santé des animaux guide les choix techniques et économiques. Lors d'une visite ouverte au public, il a expliqué que la stratégie privilégie des conditions de vie favorables aux animaux plutôt que de forcer la production au litre, et que l'équipe (exploitant, conjointe, salarié à temps partiel et apprenti) est organisée pour maintenir cette cohérence autour de l'élevage et des cultures fourragères.
Confort et mécanisation
La stabulation dispose d'une surface de 1 100 m² et les soins du troupeau sont facilités par des investissements en robotisation et en équipements de contention. La traite est robotisée pour réduire la pénibilité et harmoniser les apports nutritionnels, des racleurs automatisés entretiennent la zone de couchage et un espace de contention garantit la sécurité lors des interventions sanitaires. Les éleveurs ont aussi créé une nurserie mixte pour les jeunes animaux, permettant un suivi plus fin de la croissance des veaux jusqu'à un an et un meilleur isolement des lots vulnérables.
Sécuriser les fourrages
La ferme obtient de bons rendements en maïs ensilage et dispose de surfaces accessibles au pâturage autour des bâtiments, base de la ration estivale composée d'herbe et d'ensilage de maïs avec compléments protéiques. La sécurisation des stocks fourragers est devenue une priorité pour limiter les achats en cas d'année déficitaire, ce qui conduit à réallouer des surfaces pour produire davantage de fourrage au détriment de cultures plus spéculatives. La gestion proactive des stocks et la recherche de variétés adaptées aux fenêtres de récolte visent à contenir le risque d'approvisionnement et à stabiliser les coûts alimentaires.
Pour limiter la chaleur estivale et améliorer le confort des vaches, les exploitants projettent la création d'une parcelle « climatisée » de 2 à 3 ha avec plantation d'alignements d'arbres, accessible depuis les pâtures pour fournir ombre et fraîcheur aux animaux en sortie. Ce dispositif comprendra la plantation de 164 arbres en alignement (essences diversifiées, hauts jets) espacés pour favoriser la ventilation et l'ombre sans compromettre la conduite des parcelles. Ce type d'aménagement agroforestier s'inscrit également dans leur démarche de réduction d'empreinte carbone et d'amélioration du microclimat des pâturages.
L'exploitation est engagée dans le plan « Fermes bas carbone » et étudie des leviers complémentaires pour diminuer ses émissions et sécuriser les revenus, notamment via l'installation éventuelle de panneaux photovoltaïques comme revenu complémentaire de retraite. Les contraintes réglementaires liées à la surface de production laitière (SFP) limitent toutefois la croissance du cheptel, obligeant les éleveurs à optimiser l'utilisation des robots et des surfaces disponibles plutôt qu'à augmenter largement le nombre de têtes. La ferme poursuit des adaptations techniques et culturales en 2026 pour concilier confort animal, performance économique et résilience face aux aléas climatiques.
Photo - www.paysan-breton.fr