Sébastien Legrand (Meuse) : je remplace le glyphosate
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Sébastien Legrand (Meuse) : je remplace le glyphosate

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Sébastien Legrand (Meuse) : je remplace le glyphosate

Source: AGRONEWS All news of the source

Selon Sébastien Legrand, agriculteur à Couvertpuis dans la Meuse, il est possible de limiter fortement l'usage du glyphosate par un travail mécanique réfléchi avant semis. Sur son exploitation de 135 hectares, il privilégie des interventions de terrain plutôt que des herbicides systématiques pour des raisons environnementales. Son témoignage illustre les arbitrages techniques et climatiques nécessaires à cette stratégie en 2026.

Avant le semis d'automne, Legrand évite le glyphosate sauf en dernier recours et remplace souvent le traitement par un déchaumage avec un ou deux passages de vibroculteur à 6–7 cm de profondeur, ce qui détruit repousses et levées d'adventices. Cette destruction mécanique demande une période sèche de quelques jours après le passage pour empêcher le repiquage des plantes, condition fréquemment réunie en septembre lorsque les températures remontent. Si des pluies surviennent et que le déchaumage ne suffit pas, il conserve toutefois un recours au produit en dose maîtrisée (1,3 L/ha d'un produit à 360 g/L).

Au printemps, la même logique s'applique : quand les vivaces et les adventices restent peu développées, un passage de vibroculteur environ une semaine avant le semis permet de travailler le lit de semences sans herbicide. Legrand utilise un outil Kockerling qui n'est pas trop « tirant » et lui permet de couvrir 5 à 6 hectares à l'heure avec une largeur de travail de 7 m, ce qui limite le temps machine et le compactage. En interculture, il pratique des déchaumages avant et après la destruction des couverts et broie les couverts fin octobre-début novembre, en adaptant l'outil (dents ou disques) selon l'état du sol.

Le producteur reconnaît que cette tactique implique plus de passages et donc des coûts mécaniques plus élevés que l'usage régulier du glyphosate, mais il choisit cette voie pour des motifs environnementaux plus que pour la rentabilité immédiate. Il fait partie du réseau Ecophyto Dephy suivi par la chambre d'agriculture de la Meuse depuis une dizaine d'années pour réduire l'usage de produits phytosanitaires et suivre les indicateurs agronomiques. Sur son exploitation l'IFT hors herbicide a baissé, mais l'IFT herbicide ne s'est réduit que pour le glyphosate, ce qui montre les limites et les progrès partiels de la transition.

La rotation sur l'exploitation comprend blé tendre (40 ha), orge de printemps (30 ha), orge d'hiver (20 ha), colza (25 ha), pois de printemps (10 ha) et tournesol, cultivée sur des sols superficiels argilo-calcaires caillouteux. Ces choix de cultures et la planification des interventions jouent un rôle clé dans le contrôle des adventices et la réussite des destructions mécaniques sans recours systématique aux herbicides. L'approche de Legrand illustre comment la combinaison de pratiques de conservation du sol, d'outils adaptés et d'un calendrier respectant les fenêtres climatiques peut limiter les intrants chimiques.

Pour les agriculteurs qui souhaitent s'engager dans la même voie, les enseignements pratiques sont clairs : anticiper la fenêtre sans pluie pour les déchaumages, dimensionner la traction et la largeur d'outil à la surface à travailler, et garder une marge d'action si les conditions évoluent. Si la mécanique réduit l'usage du glyphosate, elle nécessite un pilotage précis des calendriers, un suivi des adventices et une acceptation de coûts techniques plus élevés sur certaines périodes.

Photo - www.reussir.fr

Topics: Agriculture durable, Machinisme agricole, Glyphosate & Herbicides

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