Selon Sébastien Fillon, vigneron au Clos du Serres et président de l’appellation Terrasses du Larzac, l’évolution de l’AOC se joue aujourd’hui entre reconnaissance et projets concrets pour se mettre en phase avec les attentes du marché en 2026. Il rappelle que la réputation acquise ne tient pas du hasard mais d’un travail collectif et d’exigences culturales visant la qualité des vins et la durabilité des pratiques. 75% en bio illustre, selon lui, la bascule engagée sur le vignoble et la volonté d’être cohérents avec des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
La singularité de l’appellation repose sur un choix de cépages et sur une identité gustative qui la distingue de ses voisins. Sébastien Fillon souligne le basculement en faveur du carignan comme cépage principal, désormais valorisé lorsqu’il est conduit avec rigueur, et la complémentarité avec la syrah, le cinsault, le grenache et le mourvèdre. Cette palette variée, combinée à des choix de vinification adaptés, permet aux producteurs d’offrir une gamme allant des vins puissants aux cuvées plus digestes et fruitées.
Le terroir joue un rôle central dans le profil des vins et crée une grande diversité d’expressions locales. Le vignoble est marqué par une mosaïque de sols — ruffes, terres rouges et calcaires — et par un relief étagé qui influence la maturité et la fraîcheur des raisins, avec des parcelles situées de 50–450 m d'altitude. Ces composantes donnent aux assemblages des nuances de structure et d’aromatique que mettent en avant les producteurs dans leurs cuvées.
Sur le plan réglementaire et collectif, l’appellation travaille à étendre sa reconnaissance au-delà des rouges et à réunir l’ensemble des producteurs sous une même AOC. Le dossier d’intégration des vins blancs est avancé et vise une concrétisation en 2027, conformément aux calendriers internes de validation. blancs en AOC 2027 serait, selon Fillon, un pas logique pour valoriser des pratiques et des terroirs déjà productifs en blanc, et pour mieux structurer l’offre commerciale.
Face aux évolutions de consommation et au changement climatique, les vignerons des Terrasses adaptent leurs pratiques et leur palette variétale. Il existe une volonté d’élargir l’offre avec des vins plus légers et fruités, notamment grâce au cinsault et au carignan aux acidités apportant du peps, et par la replantation de cépages locaux oubliés comme la counoise, le morrastel ou le piquepoul noir. Les coopératives locales et les domaines privés affichent des performances commerciales satisfaisantes, mais restent vigilants aux aléas climatiques et aux variations de demande.
Les chantiers prioritaires identifiés par la présidence de l’appellation pour 2026 consistent à finaliser l’intégration des blancs, à soutirer une valorisation de la biodiversité pédologique et à accompagner techniquement les vignerons pour des pratiques toujours plus durables. Sébastien Fillon insiste sur la cohérence entre exigence qualitative et adaptabilité commerciale pour que l’appellation conserve sa place sur le marché tout en renforçant ses références environnementales.
Photo - www.midilibre.fr