Michel Auroux : « Le ragondin est terrassier »
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Michel Auroux : « Le ragondin est terrassier »

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Michel Auroux : « Le ragondin est terrassier »

Zdroj: AGRONEWS Všechny zprávy ze zdroje

Les digues du bassin de la Garonne ont cédé lors des crues de février 2026 et, une fois les brèches examinées, de nombreuses galeries souterraines ont été mises au jour, alimentant le débat sur le rôle des animaux fouisseurs dans ces sinistres. La cellule de crise ouverte par la Chambre d’agriculture a recensé 13 points de rupture sur plusieurs communes et souligne que les ruptures résultent d'une combinaison de facteurs techniques et biologiques. Sur le site de Port-Sainte-Marie, les agents ont repéré une brèche 40 cm liée, selon des observations locales, à des galeries creusées au cœur de la digue, ce qui a accéléré l'effondrement sous forte charge hydraulique. Les exploitants agricoles et les chasseurs demandent désormais un plan coordonné de régulation et de renforcement des ouvrages pour réduire le risque de nouveaux sinistres.

Rôle des fouisseurs

La Chambre d'agriculture pointe l'érosion interne, l'ancienneté des réparations et la présence de faune fouisseuse — taupes, blaireaux et surtout ragondins — comme facteurs aggravants qui fragilisent la cohésion des digues. Jean-Pierre Sanz, producteur de kiwis dans le Confluent, témoigne qu'une brèche notable s'est formée « en raison de galeries creusées au sein de la digue », illustrant comment des cavités peuvent créer des points faibles sous pression d'eau. Les retours de terrain montrent que ces défaillances ne s'expliquent pas par une seule cause et que la faune rend plus vulnérable un ouvrage déjà soumis à l'érosion et à l'ancienneté des matériaux.

Le ragondin, introduit en France il y a plusieurs décennies, présente un comportement de creusement qui pose un risque particulier aux berges et talus en terre, surtout lorsque les protections sont absentes ou vieillissantes. Les prédateurs aquatiques comme le silure ou le brochet, et le renard pour les juvéniles, n'assurent pas une régulation suffisante des populations, d'où la nécessité d'interventions ciblées. Selon les piégeurs locaux, la reproduction du ragondin est importante et la diminution des hivers rigoureux contribue à sa prolifération, d'où la mention de 3-4 jeunes par portée comme un paramètre clé des dynamiques locales.

Mesures et protections

Les acteurs locaux discutent d'options complémentaires : battues administratives, campagnes de piégeage coordonnées, et protections techniques des digues. Les chasseurs, représentés par Michel Auroux, ancien président de la Fédération de chasse du Lot-et-Garonne, qualifient le ragondin de « fléau » et préconisent, même si c'est onéreux, la pose d'un grillage enterré pour protéger la base des digues ; ce dispositif, lorsqu'il est correctement posé, empêche l'accès des fouisseurs et limite le creusement sous l'ouvrage. Les services de l'État et les collectivités locales évoquent aussi le renforcement des suivis, des diagnostics réguliers des berges, et des campagnes d'information pour que les agriculteurs puissent signaler les indices de galeries.

Les premières réparations ont été engagées : sacs de sable, interventions GEMAPI et mesures décidées par le préfet pour limiter les entrées d'eau lors de nouvelles crues, actions jugées temporaires par les producteurs. La Chambre d'agriculture appelle à une stratégie de moyen terme combinant protection physique des digues, régulation des populations nuisibles et financement des travaux de confortement, afin de réduire la vulnérabilité des territoires inondables. La discussion se concentre aujourd'hui sur la gouvernance des actions, le partage des coûts entre collectivités et acteurs privés, et la mise en place d'un suivi technique renforcé des ouvrages à risque.

Photo - www.sudouest.fr

Témata: Ravageurs & Nuisibles, Inondations, Gestion de l'eau & Irrigation

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